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mardi, 11 octobre 2011

La vie envisagée comme un rite

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« Dans la conception hindoue de l'existence, il n'y a pas de séparation entre des activités sacrées et des activités profanes. La vie entière de l'homme est une participation à la symphonie cosmique. La vie est une sacerdoce. Il n'y a pas d'actions indifférentes. Tous nos gestes, tous nos actes ont des conséquences. Ils doivent être réglés pour se conformer au dessin harmonieux de l'Univers.

Il existe un rituel du bain, un rituel des repas, un rituel de l'amour, un rituel de la procréation. Il existe des rites du matin, de midi, du soir et de tous les points cruciaux des cycles des saisons, des années, de la vie. Il y a une manière rituelle de respirer, une manière rituelle de se vêtir, une manière rituelle d'étudier. Il y a des rites du feu, des rites de changement de condition humaine, des rites pour tous les événements de la vie. Toutes nos actions sont des formes de culte et doivent donc être accomplies avec calme, modération, ordre et précision. « Ayant par ses actes rendu un culte aux dieux, l'homme atteint la libération » (Bhagavad-Gîtâ, 18,46.) En sanskrit il n'y a pas de mot distinct pour l'action physique et l'action rituelle. Toute action est une forme de rite. »

Alain Daniélou, « Mythes et dieux de l'Inde »

lundi, 03 mai 2010

Dionysos contre le Crucifié

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« Les deux types : Dionysos et le Crucifié. - Déterminer si le type de l'homme religieux est une forme de décadence (les grands novateurs sont tous sans exceptions maladifs et épileptiques); mais n'est-ce pas là omettre un certain type de l'homme religieux, le type païen ? Le culte païen n'est-il pas une forme de la reconnaissance envers la vie, de l'affirmation de la vie ? Son représentant suprême ne devrait-il pas être, dans sa personne même, l'apologie et la divinisation de la vie ? Le type d'un esprit heureusement développé et débordant d'une extase de joie ! Un esprit qui absorbe en lui et rachète les contradictions et les équivoques de la vie ! C'est ici que je placerai l'idéal dionysiaque des Grecs : l'affirmation religieuse de la vie dans son entier, dont on ne renie rien, dont on ne retranche rien... Dionysos contre le 'Crucifié' : voilà le contraste. La différence entre eux n'est pas celle de leur martyre, mais ce martyre a des sens différents. Dans le premier cas, c'est la vie elle-même, son éternelle fécondité et son éternel retour qui sont cause du tourment, de la destruction, de la volonté du néant. Dans l'autre cas, la souffrance, le 'Crucifié innocent', portent témoignage contre la vie: un sens chrétien, ou un sens tragique ? Dans le premier cas, elle doit être le chemin qui mène à la sainteté; dans le second cas, l'existence semble assez sainte par elle-même pour justifier par surcroît une immensité de souffrance. L'homme tragique affirme même la plus âpre souffrance, tant il est fort, riche et capable de diviniser l'existence; le chrétien nie même le sort le plus heureux de la terre; il est pauvre, faible, déshérité au point de souffrir de la vie sous toutes ses formes. Le Dieu en croix est une malédiction de la vie, un avertissement de s'en affranchir; Dionysos écartelé est une promesse de vie, il renaîtra éternellement et reviendra du fond de la décomposition »

Friedrich Nietzsche, « La volonté de Puissance, op. cit., vol. II, pp. 412-3 »

vendredi, 02 avril 2010

Tout est rythme

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« Tout est rythme, le destin tout entier de l’homme est un rythme céleste, de même que toute œuvre d’art est un rythme unique, et tout prend élan depuis les lèvres poétiques du dieu, et là où l’esprit de l’homme s’ajointe à lui, ce sont les destins transfigurés dans lesquels se montre le génie : le dire poétique est une lutte pour la vérité… Et ainsi le dieu utilise le poète comme flèche, pour tirer de son arc le rythme… »

Friedrich Hölderlin

lundi, 29 mars 2010

Se souvenir, c'est créer !

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[…] Ce qu'enseigne la sagesse de Mimir, c'est que la vie ne vaut que par la mémoire du passé et l'espérance du futur. Mimir se souvient. Et se souvenir, c'est créer ! De même, Zeus n'a-t-il pas eu pour filles les muses avec Mnémosyne, la mémoire ?

Sokvabek est un ruisseau qui jaillit de la mer, séjour privilégié entre tous, car cette eau surgie de l'eau est la quintessence des origines. En cet endroit divin a lieu la rencontre d'Odin et de Saga (l'histoire). Sans cesse, Saga raconte, sans cesse, Odin écoute. Ils rafraîchissent leurs esprits à la source de l'Histoire qui s'écoule. Dans la pensée du grand voyageur s'enchaînent les saisons, les années et les siècles, qui y prennent leurs sens. Odin et Saga savent que le passé explique le présent et annonce l'avenir. La sagesse n'est rien sans le souvenir. Les corbeaux Huginn (pensée) et Muninn (mémoire) se tiennent aux abords de ce ruisseau et n'abandonnent jamais Odin.

Patrick Trousson, « Le recours de la science au mythe »