Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 15 octobre 2011

De la destruction

Valhalla

« Dans un texte connu qui, dans l'Inde, a presque l'importance et la popularité d'une Bible, la Bhagavad-Gîta, le fond de la « Voie de la Main Gauche » est précisément donné en termes rigoureusement métaphysiques et théologiques. On y dit que la Divinité dans sa forme suprême (dans la « forme universelle » qui, par un privilège spécial est révélée pour un instant au guerrier Arjûna), ne peut être que l'infini, et l'infini ne peut que représenter la crise, la destruction, la fracture de tout ce qui a un caractère fini, conditionné, mortel : presque comme un voltage trop élevé qui foudroie le circuit où il est inséré. De cette façon, le temps entendu comme la force qui altère et détruit, est dit incarner en quelque sorte cet aspect de la divinité comme transcendance. La conséquence, néanmoins, est que justement dans les moments des crises les plus destructives, la réalité suprême, la grandeur terrifiante qui dépasse la manifestation, peut soudain se faire connaître. Et il est intéressant de remarquer que dans le texte que l'on vient de citer, cette vue n'est pas exposée pour justifier le mal ou la perversité, mais pour donner une sanction métaphysique à l'héroïsme guerrier, contre chaque humanitarisme et sentimentalisme. Le Dieu lui-même exhorte le guerrier Arjûna à ne pas hésiter à combattre et à frapper. Ceux que tu tueras, dit-il, sont déjà tués en moi : tu n'en es que l'instrument. Dans son élan héroïque, qui ne doit plus considérer ni sa vie ni celle d'autrui et qui attestera la fidélité à la propre nature de celui qui est né dans la caste guerrière, Arjûna reflètera la puissance même, grandiose et terrible, de la transcendance qui brise tout et bouleverse tout, et qui fait pressentir la libération absolue. »

Julius Evola, « Métaphysique du sexe »