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samedi, 15 octobre 2011

De la destruction

Valhalla

« Dans un texte connu qui, dans l'Inde, a presque l'importance et la popularité d'une Bible, la Bhagavad-Gîta, le fond de la « Voie de la Main Gauche » est précisément donné en termes rigoureusement métaphysiques et théologiques. On y dit que la Divinité dans sa forme suprême (dans la « forme universelle » qui, par un privilège spécial est révélée pour un instant au guerrier Arjûna), ne peut être que l'infini, et l'infini ne peut que représenter la crise, la destruction, la fracture de tout ce qui a un caractère fini, conditionné, mortel : presque comme un voltage trop élevé qui foudroie le circuit où il est inséré. De cette façon, le temps entendu comme la force qui altère et détruit, est dit incarner en quelque sorte cet aspect de la divinité comme transcendance. La conséquence, néanmoins, est que justement dans les moments des crises les plus destructives, la réalité suprême, la grandeur terrifiante qui dépasse la manifestation, peut soudain se faire connaître. Et il est intéressant de remarquer que dans le texte que l'on vient de citer, cette vue n'est pas exposée pour justifier le mal ou la perversité, mais pour donner une sanction métaphysique à l'héroïsme guerrier, contre chaque humanitarisme et sentimentalisme. Le Dieu lui-même exhorte le guerrier Arjûna à ne pas hésiter à combattre et à frapper. Ceux que tu tueras, dit-il, sont déjà tués en moi : tu n'en es que l'instrument. Dans son élan héroïque, qui ne doit plus considérer ni sa vie ni celle d'autrui et qui attestera la fidélité à la propre nature de celui qui est né dans la caste guerrière, Arjûna reflètera la puissance même, grandiose et terrible, de la transcendance qui brise tout et bouleverse tout, et qui fait pressentir la libération absolue. »

Julius Evola, « Métaphysique du sexe » 

mardi, 11 octobre 2011

La vie envisagée comme un rite

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« Dans la conception hindoue de l'existence, il n'y a pas de séparation entre des activités sacrées et des activités profanes. La vie entière de l'homme est une participation à la symphonie cosmique. La vie est une sacerdoce. Il n'y a pas d'actions indifférentes. Tous nos gestes, tous nos actes ont des conséquences. Ils doivent être réglés pour se conformer au dessin harmonieux de l'Univers.

Il existe un rituel du bain, un rituel des repas, un rituel de l'amour, un rituel de la procréation. Il existe des rites du matin, de midi, du soir et de tous les points cruciaux des cycles des saisons, des années, de la vie. Il y a une manière rituelle de respirer, une manière rituelle de se vêtir, une manière rituelle d'étudier. Il y a des rites du feu, des rites de changement de condition humaine, des rites pour tous les événements de la vie. Toutes nos actions sont des formes de culte et doivent donc être accomplies avec calme, modération, ordre et précision. « Ayant par ses actes rendu un culte aux dieux, l'homme atteint la libération » (Bhagavad-Gîtâ, 18,46.) En sanskrit il n'y a pas de mot distinct pour l'action physique et l'action rituelle. Toute action est une forme de rite. »

Alain Daniélou, « Mythes et dieux de l'Inde »

vendredi, 26 mars 2010

Un rite perpétuel d'action de grâce

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« Une vie qui n'est pas un rite perpétuel d'action de grâce n'est pas une vie réussie »

Alain Daniélou