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lundi, 06 septembre 2010

Le mythe de la Prusse

Prusse_FR.gifL'idée prussienne de l'État, idée hautement spirituelle, a peu en commun avec l'idée purement administrative, individualiste et fonctionnelle de l'État qui prévaut en France depuis Louis XIV. 

Qu'est-ce donc que la Prusse ? « La Prusse n'est pas une nation, elle est le visage pur et grave de la vie. » Cette parole poétique, que l'on croirait surgie de la plume d'Ernst von Salomon, est d'un écrivain français qui comprenait le mystère de la Prusse, oeuvre de l'esprit autant que construction politique.

Être libre et servir

Parlant de prussianité, Spengler a proposé une définition plus historique : « Dans ce mot se trouve tout ce que nous, Allemands, nous possédons non pas de pensées vagues, de désirs, d'idées, mais bien plutôt de volonté, de devoir, de pouvoir qui ont la force du destin. [...] Être libre - et servir : il n'y a rien de plus difficile que ces deux choses-là ; seuls les peuples dont l'esprit, dont l'être se fonde sur de telles capacités et qui peuvent réellement être libres et servir, on le droit de prétendre à un grand destin. Servir, c'est là le style de la Prusse ancienne [...]. Point de "Je" mais un "Nous", un sentiment collectif dans lequel chacun engage toute son existence. Le singulier importe peu, il doit se sacrifier au Tout. Ici le "chacun pour soi" ne compte pas, mais bien le "tous pour tous", avec cette liberté intérieure au sens noble du terme, de libertas oboedientiae, la liberté dans l'obéissance, qui a toujours distingué les meilleurs éléments de l'éducation prussienne. » Et Spengler précise : la Prusse est l'héritière de l'ordre teutonique. Ses fondateurs ont été « les serviteurs de l'idée selon laquelle l'État est conçu comme un ordre chevaleresque ».

Un État conçu comme un ordre chevaleresque. Être libre et servir. On ne peut mieux résumer en peu de mots l'idée prussienne de l'État. Selon Spengler, cette idée avait été incarnée par l'armée prussienne elle-même, celle du grand Frédéric, de Scharnhorst et Gneisenau, de Moltke l'Ancien et du vieux maréchal von Hindenburg.

Dominique Venner, « Ernst Jünger, Un autre destin européen » 

mercredi, 05 mai 2010

Brahmanisme

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« La plus haute ambition de l'homme est de s'unir à ce qu'il y a de plus puissant. Telle est l'origine du brahmanisme, né dans la caste des maîtres »

Nietzsche, « La volonté de puissance, op. cit., vol. I, p. 157 »

lundi, 03 mai 2010

Dionysos contre le Crucifié

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« Les deux types : Dionysos et le Crucifié. - Déterminer si le type de l'homme religieux est une forme de décadence (les grands novateurs sont tous sans exceptions maladifs et épileptiques); mais n'est-ce pas là omettre un certain type de l'homme religieux, le type païen ? Le culte païen n'est-il pas une forme de la reconnaissance envers la vie, de l'affirmation de la vie ? Son représentant suprême ne devrait-il pas être, dans sa personne même, l'apologie et la divinisation de la vie ? Le type d'un esprit heureusement développé et débordant d'une extase de joie ! Un esprit qui absorbe en lui et rachète les contradictions et les équivoques de la vie ! C'est ici que je placerai l'idéal dionysiaque des Grecs : l'affirmation religieuse de la vie dans son entier, dont on ne renie rien, dont on ne retranche rien... Dionysos contre le 'Crucifié' : voilà le contraste. La différence entre eux n'est pas celle de leur martyre, mais ce martyre a des sens différents. Dans le premier cas, c'est la vie elle-même, son éternelle fécondité et son éternel retour qui sont cause du tourment, de la destruction, de la volonté du néant. Dans l'autre cas, la souffrance, le 'Crucifié innocent', portent témoignage contre la vie: un sens chrétien, ou un sens tragique ? Dans le premier cas, elle doit être le chemin qui mène à la sainteté; dans le second cas, l'existence semble assez sainte par elle-même pour justifier par surcroît une immensité de souffrance. L'homme tragique affirme même la plus âpre souffrance, tant il est fort, riche et capable de diviniser l'existence; le chrétien nie même le sort le plus heureux de la terre; il est pauvre, faible, déshérité au point de souffrir de la vie sous toutes ses formes. Le Dieu en croix est une malédiction de la vie, un avertissement de s'en affranchir; Dionysos écartelé est une promesse de vie, il renaîtra éternellement et reviendra du fond de la décomposition »

Friedrich Nietzsche, « La volonté de Puissance, op. cit., vol. II, pp. 412-3 »

lundi, 12 avril 2010

Le serpent à plumes

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Lorsque les Mexicains apprennent le nom de Quetzalcoatl, ils ne devraient le prononcer qu'avec la langue de leur propre sang. Je voudrais que le monde teutonique se mette à repenser dans l'esprit de Thor, de Wotan et d'Yggdrasil, le frêne qui est axe du monde, que les pays druidiques comprennent que leur mystère se trouve dans le gui, qu'ils sont eux-mêmes le Tuatha de Danaan, qu'ils sont ce peuple toujours en vie même s'il a un jour sombré. Les peuples méditerranéens devraient se réapproprier leur Hermès et Tunis son Astharoth ; en Perse, c'est Mithra qui devrait ressusciter, en Inde Brahma et en Chine le plus vieux des dragons.

D.H. Lawrence, « Le serpent à plumes »