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vendredi, 02 avril 2010

Tout est rythme

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« Tout est rythme, le destin tout entier de l’homme est un rythme céleste, de même que toute œuvre d’art est un rythme unique, et tout prend élan depuis les lèvres poétiques du dieu, et là où l’esprit de l’homme s’ajointe à lui, ce sont les destins transfigurés dans lesquels se montre le génie : le dire poétique est une lutte pour la vérité… Et ainsi le dieu utilise le poète comme flèche, pour tirer de son arc le rythme… »

Friedrich Hölderlin

dimanche, 24 janvier 2010

Dionysos et Apollon

 

ApollonDionysos.jpg

C'est en liant Dionysos et Apollon que la religion grecque a atteint sa hauteur la plus sublime.
Cela ne saurait être un simple hasard qu'Apollon et Dionysos soient venus l'un à l'autre. Ils se sont attirés et cherchés, parce que leurs règnes, malgré le contraste le plus brutal, sont malgré tout, sur le fond, rattachés par un lien éternel.

La race des dieux olympiens est elle-même née de cette profondeur abyssale du terrestre, dans laquelle Dionysos est chez soi, et elle ne peut nier sa provenance sombre. La lumière et l'esprit d'en haut doivent toujours avoir eu au-dessous de soi le nocturne et la profondeur maternelle, sur lesquels tout être est fondé. Dans Apollon, c'est tout l'éclat de l'olympien qui est rassemblé, et qui constitue le pôle opposé aux règnes du devenir et du périr éternel. Apollon avec Dionysos, le guide ivre des rondes du cercle terrestre, c'est toute l'ampleur du monde.

À la religion olympienne, qui ne devait pas être une religion de la soumission ou du cœur indigent, mais celle de l'esprit clairvoyant, il fut réservé, là où d'autres séparent et maudissent, de reconnaître et d'honorer « l'union des contraires, celle que montrent l'arc et la lyre ».

 

Walter F. Otto, « L'esprit de la religion grecque ancienne : Theophania »