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dimanche, 14 novembre 2010

Les institutions

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« Nos institutions ne valent plus rien, on est unanime là-dessus. Mais cela ne tient pas à elles, cela tient à nous. Après que nous avons perdu tous les instincts dont se nourrissaient les institutions, ce sont les institutions mêmes qui nous coulent des mains, parce que nous ne valons plus rien pour elles. Le démocratisme a été de tous temps la forme décadente de la force d'organisation : J'ai déjà caractérisé dans Humain, trop humain la démocratie moderne, y compris ses médiocrités, comme étant la forme déchue de l'État. Pour qu'il y ait des institutions, il faut qu'il y ait une sorte de volonté, d'instinct, d'impératif, anti-libéral jusqu'à la méchanceté, une volonté de Tradition, d'autorité, de responsabilité étendue sur des siècles, de solidarité dans la chaîne des générations vers le futur et vers le passé in infinitum. Si cette volonté-là existe, il se forme « quelque chose » - comme l'Imperium Romanum [...] L'Occident tout entier n'a plus ces instincts dont se nourrissent les institutions, dont se nourrit un avenir. Rien peut-être ne prend autant à rebrousse-poil son « esprit moderne ». On vit pour aujourd'hui, on vit très rapidement, on vit en pleine irresponsabilité - et c'est ce que l'on nomme « liberté ». Ce qui des institutions fait des institutions est méprisé, haï, rejeté; on se croit menacé d'un nouvel esclavage au seul mot d'autorité »

Friedrich Nietzsche, « Le Crépuscule des idoles »

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